Terre de nos Ancêtres n° 27

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SAINT-JUNIEN, tome II

Une étude de 168 pages, illustrée en noir et en couleurs, avec index alphabétique des conjoints,

par Mireille et Serge REJASSE, Thomas SCHNEIDER, AGL, 2009.

Familles : CODET et CODET-BOISSE, DESHOURTEAUX, VEVAUD.

 

Le patronyme CODET est un des plus caractéristiques de Saint-Junien et de l’histoire de cette ville. Dès le XVIsiècle, plusieurs foyers étaient représentés, différenciés par leurs surnoms ou leur activité professionnelle : on note ainsi les CODET meuniers, les CODET notaires, les CODET corroyeurs, les CODET chapeliers, les CODET dit Goudy, les CODET dit Mas, Dumas ou Lemas, les CODET dit Saint-Amand…

Le foyer des meuniers, le plus important, se suit depuis la fin du XVIsiècle, lui-même divisé en quatre branches dont les représentants exerçaient leur activité dans des moulins alors voués à moudre du grain (blé, froment, seigle) appelés « moulins Codet », situés sur « le fleuve de Vienne, proche la chapelle Notre-Dame du Pont » constitués en 1625 de 6 rouhets (meules) aux mains des différents chefs de famille. Un rameau de la branche aînée connut une destinée remarquable : Léonard CODET, juge de la juridiction de Châteaumorand, épousa en 1711 Madeleine de MONTJON, issue de l’une des plus illustres familles de la ville, et acquit en 1719 la jouissance de rentes sur le fief du Grand-Boisse. En 1785, son fils Léonard possédait deux domaines au Grand-Boisse qu’il donna à son fils Joseph-Pierre lors de son mariage avec Marie-Antoinette de MONTJON, qui lui apporta la borderie du Petit-Boisse, point d’orgue qui paracheva l’acquisition de la terre de Boisse. Ils furent les auteurs des CODET de BOISSE ou CODET-BOISSE, encore représentés, hommes de lois, dont plusieurs s’investirent dans la vie politique locale : Léonard-Jules CODET-BOISSE (1785-1839), avocat, adjoint au maire, dont le fils Augustin-Jules, avocat et érudit, constitua vers 1860 un exceptionnel fonds d’archives anciennes sur sa ville, consultable aux Archives départementales de la Haute-Vienne ; Mathieu-Joseph CODET-BOISSE (1791-1859), frère de Léonard-Jules, docteur en médecine et maire, comme son fils Théogène (1823-1895).

D’un rameau cadet de la même branche de meuniers, provisoirement installé à Saint-Victurnien en 1691, provient une autre lignée de CODET, revenus exercer leur activité à Saint-Junien où plusieurs membres s’illustrèrent au XIXsiècle par des mandats politiques : Louis-Paul-Emile CODET (1824-1880), fabricant de papier, maire et député de la Haute-Vienne, qui laissa son nom à une rue de la ville, son fils Jean-Julien-Augustin CODET (1852-1922), sous-préfet de Saint-Yrieix, député puis sénateur de la Haute-Vienne, Louis CODET (1876-1914), fils de ce dernier, docteur en droit, homme de lettres, éphémère député de la circonscription de Rochechouart, et leur cousin Pierre-Julien-Augustin CODET (1863-1924), lui aussi maire de Saint-Junien et conseiller général de la Haute-Vienne.

Outre les CODET chapeliers, potiers, corroyeurs ou drapiers, au sort plus modeste, dont la postérité semble aujourd’hui éteinte, signalons une autre famille CODET issue d’une ancienne lignée encore mal définie de notaires, greffiers ou scribes du chapitre depuis le début du XVIsiècle, appartenant dès le départ à la notabilité bourgeoise de Saint-Junien. Parmi ses membres, quatre frères s’installèrent vers 1640 comme maîtres de forge à Nesmes et Mauvières, près de Belâbre en Berry, à Bossay et Preuilly-sur-Claise en Touraine, à Darnac en Basse-Marche et aux Pins en Angoumois, avec plus ou moins de bonheur selon les cas, jusqu’à la fin du règne de Louis XIV. Certains de leurs descendants rentrèrent au bercail, mais la branche de la Morinière poussa sa destinée vers la Bretagne, de Brest à Nantes en passant par Quimper et Rennes, occupant des fonctions dans la Marine, puis levèrent presque naturellement l’ancre vers la Guadeloupe, la Louisiane enfin les Etats-Unis, où ils ont peut-être postérité. A cette même famille appartient aussi Sylvain CODET, juriste de renom au Parlement de Rennes au moment de la Révolution et député d’Ille-et-Vilaine en 1791.

Il existait en Bretagne, parallèlement à la branche des Codet de la Morinière, d’autres familles Codet dont nous n’avons pu trouver le rattachement avec celles de Saint-Junien, notamment à Montauban (Ille-et-Vilaine).

Le patronyme DESHOURTEAUX est sans aucun doute un toponyme (nom de lieu) qui pourrait se traduire par « DES JARDINS », un « hort » (du latin hortus) désignant en effet un jardin dans la langue d’oc. Comme en attestent les anciens documents fiscaux (terriers, lièves de cens et rentes ou plan réalisé par le chanoine Collin pour le chapitre de chanoines de Saint-Junien en 1655), il y avait à Saint-Junien un lieu-dit appelé « les horts Saint-Junien ». Peut-être les premiers porteurs du patronyme y étaient-ils fixés. Dès le début du XVIIsiècle, les membres de la famille que nous étudions ici apparaissent dans les minutes des notaires de la ville comme laboureurs et ils avaient alors en afferme des métairies aux villages de la Vergne et de Perriébord sur le territoire de Saint-Junien, dans l’ancienne paroisse de Notre-Dame. Vers la fin du XVIIe siècle, une branche s’implanta à Veyrac pour y rester durablement, aux villages de la Barre et de la Grange de Boeuil. A la fin du XVIIIe siècle, un des descendants de cette branche, Jean DESHOURTEAUX, par son mariage, s’installa comme marchand au bourg d’Oradour-sur-Glane. Son fils, Jean-Baptiste, propriétaire, et son petit-fils, Emile, médecin, furent successivement maires d’Oradour. C’est à l’aube du XXe siècle que le patronyme de cette branche se fixa sous la forme DESOURTEAUX dans sa postérité. Le fils d’Emile, Paul DESOURTEAUX, fut également maire d’Oradour de 1904 à 1919 et eut l’honneur de recevoir durant son mandat, Raymond Poincaré. Médecin major puis commandant de l’ambulance 244 pendant la Première Guerre mondiale, il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1917. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut nommé maire d’Oradour en 1941 par décret préfectoral. Le samedi 10 juin 1944, le bourg fut envahi par une compagnie de la division « Das Reich », et bien qu’il se soit désigné personnellement comme otage, Paul DESOURTEAUX ne put éviter le drame. Il fit partie des 644 victimes qui périrent ce jour-là fusillées puis brûlées dans l’incendie qui détruisit entièrement le bourg. Cette terrible tragédie restera à jamais le symbole de l’horreur et de la barbarie nazie. D’une branche cadette des DESHOURTEAUX de Perriébord descendent également plusieurs rameaux restés à Saint-Junien, aux villages de Fayolas, Lafont et Forgeix, sur l’ancienne paroisse de Saint-Pierre.

Le patronyme VEVAUD s’orthographiait VEFVAUD dans les premiers actes notariés où la famille est mentionnée, dès la première moitié du XVIIe siècle, ce qui pourrait donner une indication sur l’origine de ce nom : le mot « veuf » s’écrivant à la même époque « vef », le premier porteur du patronyme pourrait avoir été désigné ainsi en raison de son état matrimonial, après qu’il eut perdu son épouse. C’est au village de Beaulieu, dépendant de la paroisse Notre-Dame de Saint-Junien, que nous trouvons trace des premiers membres de cette famille, assez peu nombreux. A part quelques exceptions de personnages non rattachés non mentionnés ici, et d’une branche dont n’avons pu trouver la communauté d’origine avec les autres, publiée à la fin de cette étude en raison de son intéressante postérité, tous les porteurs de ce patronyme se rattachent à une même souche commune. Métayers mais aussi tuiliers (il y avait en effet une tuilerie à Beaulieu), quelques-uns artisans, les membres de cette famille de condition modeste mais à la postérité florissante, essaimèrent dans les villages de la Vergne, de Chez-Jouvy, de Chez-Beaugy, du Puymesurier, des Seguines, des Essarts, du Châtelard, du Carteron ou des Martines, dans la même paroisse, mais aussi à La Bretagne, toute proche, à Saint-Brice, Saint-Martin-de-Jussac, Chaillac, Saint-Victurnien ou Oradour-sur-Glane ; certains, enfin, poussèrent leur fortune vers la ville de Rochechouart ou la capitale limousine. Nul doute que les actuels porteurs de ce patronyme descendent de l’une ou l’autre des branches de cette étude. 



Nous rappelons que les travaux présentés dans cette publication sont le fruit des recherches personnelles des auteurs. A ce titre, ils ne sauraient être utilisés à des fins autres que privées à l’exclusion de toute diffusion sur Internet ou de toute autre manière sans autorisation préalable des auteurs et sous réserve que soient indiqués clairement les noms des auteurs et la source, en vertu de la loi sur la propriété littéraire et artistique (lois n°57-298 du 11/03/1957 et n°92-597 du 01/07/1992).


Titre : Saint-Junien, tome II
Auteurs :  Thomas Schneider, Mireille Réjasse et Serge Réjasse
Collection :  Terre de nos Ancêtres – n° 27
Editeur : Amitiés Généalogiques du Limousin, Limoges, 2009
ISSN : 1958-0959
Format : 21 x 29,5 broché – 168 pages
Prix : tarif normal : 40 euros, tarif adhérents : 30 euros (frais de port inclus)


Publié par AGL   @   5 mars 2012 0 commentaires

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